Instaurer immédiatement un approvisionnement sécuritaire sûr matière de substances psychoactives afin d’éviter d’autres décès au Yukon..

LE DÉFI:

La consommation de drogue et la violence fondée sur le genre sont étroitement liées.  

Avant toute chose, la crise des opioïdes au Yukon est une affaire de genre. D’après les données, au Yukon, les femmes, les personnes trans, non binaires, bispirituelles, intersexes et agenres du Yukon, et surtout les femmes autochtones, sont blessées et assassinées à cause de l’approvisionnement en drogues contaminées, à plus forte mesure que le reste de la population. Nous ne disposons pas de données précises concernant les morts de personnes trans aux opioïdes sur le territoire, mais nous savons que de nombreux facteurs qui rendent la situation critique pour les femmes autochtones (traumatisme, racisme, discrimination) au Yukon sont les mêmes pour les personnes de la communauté 2ELGBTQQIA+.  

On constate 17 décès tragiques attribuables aux opioïdes au Yukon entre le 1er janvier 2022 et le 5 août 2022 : 

  1. 53 % étaient des hommes et 47 %, des femmes; 
  2. 71 % étaient des membres des Premières nations et 29 % n’en étaient pas. - https://drive.google.com/file/d/19N5vRHQFJ-7bvTUlqqxTar1D5WV9Ldf-/view?usp=sharing} 

À titre de comparaison, en Colombie-Britannique, du 1er janvier 2022 au 31 mai 2022, des décès liés aux opioïdes : 

  • 76 % étaient des hommes et 24 %, des femmes; 
  • Au Canada, environ 4000 décès liés aux opioïdes ont été enregistrés en 2017. En Colombie britannique, le taux de mortalité des personnes autochtones qui consomment des drogues est cinq fois plus élevé que celui des autres groupes. Bien que les peuples autochtones ne représentent que 2,6 % de la population totale, ils enregistrent 10 % des décès par surdose. 2,3 Les femmes autochtones sont 8 fois plus susceptibles de connaître une surdose non fatale et 5 fois plus susceptibles de connaître une surdose fatale que les femmes non autochtones. 3 Cette crise est probablement sous-estimée du fait de la mauvaise diffusion des données sur les peuples autochtones dans de nombreux domaines. 
     

Nous avons des données qui démontrent cela au niveau national : 

  • Les femmes et les personnes issues de la communauté 2ELGBTQQIA+ qui consomment des drogues sont plus souvent victimes de violences physiques et sexuelles de la part de leur partenaire intime que celles qui n’en consomment pas (trois à cinq fois plus, selon certaines études).
     
  • Le recours à des politiques punitives qui séparent les femmes qui consomment des substances de leurs enfants, ainsi que la honte et l’hostilité dans l’accès aux services, dissuadent les femmes enceintes et les mères de se faire soigner pour leurs problèmes de consommation de substances, de recevoir des soins prénataux et de bénéficier d’autres services de santé.
     
  • Les femmes et les personnes appartenant à la communauté 2ELGBTQQIA+ ayant des antécédents de consommation de substances sont jugées inaptes à avoir des enfants, et les femmes enceintes qui consomment des drogues peuvent être poussées à avorter ou à abandonner leur nouveau-né.
     
  • Les représentant·e·s du gouvernement, les professionnel·le·s de la santé et es professionnel·le·s du travail social [sont contraint·e·s par la loi de] dénoncer les personnes qui consomment des drogues aux services de protection de l’enfance. [Cela] peut dissuader les femmes et les personnes appartenant à la communauté 2ELGBTQQIA+ de solliciter des soins prénataux ou de parler ouvertement avec leur médecin de leur consommation de drogues et du meilleur traitement à leur donner. 
     
  • Les hommes sont plus susceptibles que les femmes et les personnes de la communauté 2ELGBTQQIA+ de se retrouver en possession de drogue, d’en vendre et d’en consommer. Malgré cela, dans la plupart des pays où des données sont accessibles, la proportion de femmes emprisonnées pour des infractions liées à la drogue est nettement supérieure à celle des hommes.
     
  • Les femmes et les personnes appartenant à la communauté 2ELGBTQQIA+ sont souvent impliquées dans le commerce de la drogue parce que la pauvreté et la discrimination limitent leurs accès à l’éducation et à l’emploi. Beaucoup sont en situation de monoparentalité, avec plusieurs enfants et autres personnes à charge, et subissent des pressions de la part de membres de leur famille ou de la coercition par la violence de la part de recruteurs·euses du crime organisé. (https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC5473054/pdf/hhr-19-253.pdf_
     

Par ailleurs, en dépit de la rareté des recherches sur la communauté 2ELGBTQQIA+, nous savons que : « Les recherches montrent systématiquement que les personnes adultes lesbiennes, gaies et bisexuelles sont plus à risque de développer des problèmes de consommation de substances, et que les jeunes des minorités sexuelles sont de deux à cinq fois plus susceptibles de consommer des drogues et de l’alcool que les jeunes hétérosexuel·le·s »

Les services de désintoxication et autres services de santé mentale et de lutte contre la consommation de substances ne sont pas toujours des espaces sûrs pour les personnes appartenant à la communauté 2ELGBTQQIA+, ce qui constitue un obstacle à l’accès aux soins. Des soins adaptés aux personnes trans, tenant compte des traumatismes, du racisme et de la violence sont nécessaires.
 


 

CE QUI DOIT SE FAIRE : 

Lorsque nous discriminons les personnes qui consomment des drogues pour soulager les traumatismes causés par notre discrimination à l’égard de leur origine ethnique ou de leur identité, nous créons un cercle vicieux d’abus systémiques dans lequel nos communautés ne sont pas sécuritaires pour tout le monde. Ce cycle doit être rompu. 

 

Nous devons : 

    • Créer une offre légale et sécuritaire de substances psychoactives pour mettre fin immédiatement à l’empoisonnement et au décès des personnes qui consomment des drogues.
       
    • Créer des voies d’accès aux soins qui sont sécuritaires(c’est-à-dire dénuées de racisme, de stigmatisation et de discrimination) pour les femmes et les personnes de la communauté 2ELGBTQQIA+ afin qu’elles puissent accéder aux ressources dont elles ont besoin et être aidées à protéger leur famille et à s’épanouir.
       
    • Créer des programmes et des politiques qui tiennent compte du genre et des expériences vécues pour répondre aux besoins uniques des femmes et des personnes de la communauté 2ELGBTQQIA+.

 

QUE POUVEZ-VOUS FAIRE? 

  • Renseignez-vous sur la crise des opioïdes et sur la façon dont la stigmatisation affecte les femmes et les personnes de la communauté 2ELGBTQQIA+. Remettez en question vos propres  Préjugé.
     
  • Demandez au gouvernement du Yukon de mettre en place un approvisionnement sécuritaire de substances et de matériel de consommation dès maintenant afin que nous puissions mettre fin aux décès par intoxication au territoire.  

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