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Obtenir de meilleures données sur la violence fondée sur le genre au Yukon afin que nous puissions mettre en œuvre des stratégies qui répondent à nos besoins uniques au territoire.

LE DÉFI: 

Pour résoudre efficacement les enjeux importants comme la violence fondée sur le genre, nous devons obtenir des données précises sur le nombre de personnes qui font face à ce problème, sur les personnes qui en sont à l’origine, sur les personnes qui vivent directement le problème, sur les façons dont des différents groupes vivent le même problème, sur les ressources qui existent actuellement pour résoudre l’enjeu et sur les obstacles qui entravent le travail des autres qui essaient de résoudre le problème. Il est également important de connaître la gravité, l’intensité, la fréquence et le contexte de la violence fondée sur le genre. 

Lorsque nous obtenons ces informations, nous pouvons créer des outils, des programmes et des solutions pour chaque communauté afin de prévenir efficacement la violence fondée sur le genre et d’y mettre fin. Sans données précises, il est plus probable que les solutions que nous mettons en œuvre n’arrivent pas à résoudre le problème. Cela pourrait entraîner la dépense inutile de millions de dollars, sans connaissance du niveau d’efficacité des solutions. Cela signifierait également que certaines des solutions prescrites seraient impossibles à mettre en œuvre. Par exemple, les sociétés minières sont tenues de surveiller les niveaux de violence fondée sur le genre dans les communautés où elles mènent leurs activités et de prendre des mesures pour les atténuer. Cette tâche est impossible si l’on n’a pas accès à des données permettant de mesurer l’ampleur du problème, et à des données de suivi de l’impact (positif ou négatif) qu’ont eu les mesures d’atténuation sur le problème.  

Nous disposons de trop peu de données fiables pour dresser un tableau représentatif de la violence fondée sur le genre dans les territoires. Nous connaissons les taux de violence approximatifs grâce aux sondages menés à l’échelle nationale. Nous savons que les femmes autochtones et les membres de la communauté 2ELGBTQQIA+ subissent plus de violence que les autres groupes, mais nous ne disposons pas de données propres au Yukon, ni de données au niveau communautaire.

Pourquoi est-il si difficile d’obtenir des données?  

  • Les signalements de violence fondée sur le genre ne se font pas de manière uniforme ou systématique. Les personnes craignent de dénoncer pour de nombreuses raisons, notamment : ne pas vouloir dénoncer leur agresseur dans une petite communauté; craindre des représailles de la part de leur agresseur; ne pas avoir d’endroit sécuritaire où aller après avoir dénoncé; ne pas avoir confiance dans le système de justice; ne pas croire que le fait de dénoncer aboutira à quoi que ce soit; ou avoir déjà vécu un nouveau traumatisme ou une revictimisation et un manque d’appui de la part de leur communauté et du système de justice.
  • Parfois, les personnes signalent leur situation à des programmes de première ligne tels que les centres pour femmes, les refuges, les services d’aide aux victimes ou les centres de signalement tiers, mais il n’existe pas de système permettant de recueillir ces rapports et de les partager de manière uniforme, de façon à préserver l’anonymat des victimes tout en permettant aux organismes d’avoir une vue d’ensemble de ce qui est signalé. Sans données solides, c’est comme si les intervenantes avaient chacune un morceau du casse-tête, mais que personne ne savait à quoi ressemblait l’image finale. Les personnes 2ELGBTQQIA+ dans nos communautés ont souvent encore moins d’endroits où signaler les abus en toute sécurité et où elles seront entendues et comprises.
  • Les données que nous recueillons à partir des cas signalés sont inaccessibles. La GRC ne rend pas ses données accessibles aux organismes de lutte contre la violence fondée sur le genre, et celles qui le sont ne sont pas significatives ou utiles pour aider à élaborer des programmes ou des politiques efficaces.
  • Les données intergouvernementales ne sont pas recueillies de manière cohérente dans toutes les communautés, les territoires et les provinces, de sorte qu’il est impossible de les comparer pour créer des solutions plus globales.
  • Dans notre système colonial, les données sont détenues par des institutions comme la GRC, le gouvernement fédéral et les gouvernements territoriaux. Ce sont ces institutions qui détiennent le pouvoir de recueillir les données et de les contrôler. Les données qu’elles partagent avec le public sont souvent tardives et mal communiquées, donc elles ne sont pas efficaces. 

 

CE QUI DOIT SE FAIRE : 

Le Conseil yukonnais de la condition de la femme (YSWC) a fait une demande de financement en partenariat avec l’Université du Yukon pour obtenir de meilleures données sur la violence fondée sur le genre au Yukon. Ce travail est essentiel pour que nous disposions de données fiables sur la violence fondée sur le genre au Yukon et pour que nous puissions élaborer des solutions adaptées au territoire.  

Les organismes de première ligne chargés de la lutte contre la violence fondée sur le genre au sein du gouvernement, du secteur privé et des organismes à but non lucratif ont besoin d’un soutien pour créer un cadre de collecte de données et de partage d’informations entre les organismes et les institutions, qui protège les droits des personnes qui signalent un cas, tout en permettant le partage de données efficaces et leur utilisation dans l’élaboration d’interventions stratégiques en cas de violence fondée sur le genre. 


 

QUE POUVEZ-VOUS FAIRE?

  • Faire un don et soutenir le projet du YWSC  
  • Demandez à la GRC et au gouvernement du Yukon, directement ou par l’intermédiaire de votre député, de modifier leurs politiques en matière de données afin de permettre un partage efficace des données désagrégées avec les organismes de lutte contre la violence fondée sur le genre.  

 


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